Al-Shorouk · 12 mai 2025
Éléments essentiels d'une politique étrangère efficace pour le Liban
عناصر ضرورية لسياسة خارجية فاعلة للبنان
Traduction française de la rédaction du site ; elle n'a pas été revue par l'auteur. L'original arabe, ci-dessous, fait foi.
Au cœur des évolutions et des défis régionaux et intérieurs auxquels le Liban fait face, et à la lumière des expériences et des leçons du passé proche et lointain, il est un certain nombre d'éléments dont la réunion est plus que nécessaire pour élaborer une politique étrangère libanaise efficace, active et capable d'initiative :
Premièrement : il faut se rappeler que la géographie politique de tout État gouverne, ou influence dans une large mesure, sa sécurité nationale et, partant, ce que doivent être ses priorités dans ses relations extérieures et sa politique étrangère.
Deuxièmement : l'importance de l'existence, ou de l'émergence, d'un consensus national réel et non « folklorique » sur les priorités qui ordonnent et régissent la politique étrangère. Les appartenances politiques et doctrinales, y compris les appartenances identitaires de type infra-étatique ou transétatique, ne sauraient gouverner ni contrôler ce qui est censé constituer un large consensus national sur les questions majeures, exprimé par l'État : l'État des institutions, aux dépens de la fédération des confessionnalismes politiques au Liban, qui se partagent le pouvoir et le contrôlent dans un jeu de « chaises musicales », ou d'échange des rôles et des positions, fût-ce sous des intitulés et des slogans différents : du « Hanoï » de la révolution, quand bien même son intitulé doctrinal aurait changé au fil du temps, à la « Suisse de l'Orient » qui n'a aucun lien avec son environnement. Rappelons-nous que ce qui est requis, c'est de dégager un consensus national large et réel, afin qu'il contribue effectivement à renforcer la logique de l'État, laquelle reflète et consolide la notion de sécurité nationale du Liban.
Troisièmement : tout cela permet de dégager les règles et les ententes pratiques (un accord sur les contenus et non sur les intitulés), ainsi que les priorités et la vision d'une politique étrangère efficace. Pour rappel, il n'est pas de diplomatie réussie et efficace si elle ne s'appuie pas sur la vision qu'a le Liban de ses relations extérieures, de ses priorités et de son rôle, d'abord dans le cadre arabe, mais aussi aux niveaux régional et international ; faute de quoi nous serions comme celui qui parle de jouer de la musique sans instruments. Et, bien entendu, l'un des critères les plus importants de l'autorité effective de l'État est qu'il détienne entièrement la décision de guerre et de paix.
Quatrièmement : les leçons du passé proche et lointain, ainsi que les défis croissants, enchevêtrés et imbriqués, dans leurs éléments, leurs causes et leurs solutions, de notre environnement immédiat, qui pèsent lourdement sur la sécurité nationale libanaise, appellent tous l'élaboration d'une politique étrangère fondée dans les faits, et non au seul niveau du discours, sur le concept de neutralité positive active. Pour rappel, ce concept n'a rien à voir avec la neutralité juridique selon le modèle de la neutralité suisse, par exemple : le Liban est un État arabe, et je ne dis pas arabiste, l'un des États fondateurs de la Ligue des États arabes, et il lui incombe bien entendu de respecter les constantes arabes, en particulier dans le cadre du conflit israélo-arabe, même si ces constantes se sont affaiblies ou ont vacillé à un moment donné. Cela ne signifie nullement que le Liban doive porter seul, et au nom des autres, le fardeau de ce conflit. Dégager les constantes et les ententes requises, et rétablir le rôle effectif, et non formel, de l'État, permet que le Liban ne reste pas un pion sur l'échiquier ou une boîte aux lettres pour l'échange de messages dans des conflits régionaux, quels que soient les intitulés de ces conflits et leur attrait, ou la position du Liban à leur égard ou en leur sein.
Cinquièmement : parmi les choses que le Liban a un intérêt certain à contribuer à élaborer, afin qu'elles organisent concrètement les relations dans la région du Moyen-Orient et entre ses États, figurent le renforcement des principes de non-ingérence dans les affaires d'autrui, le refus de parler par-dessus la tête des États au nom de positions doctrinales, politiques ou autres, ainsi que le respect effectif et la consolidation des règles politiques internationalement reconnues pour le règlement des différends entre États, et l'action conforme à ces règles, et ce dans la logique de l'État et non dans une logique idéologique de type supra-étatique. Il nous faut œuvrer à élaborer ces concepts et ces règles afin de fonder des politiques de cette nature, auxquelles s'engagent toutes les composantes politiques du Liban et qui sont, en fin de compte, dans leur intérêt à toutes, et ce sous le toit de l'État, bien que telle ou telle partie tire profit de la faiblesse ou de l'absence de la notion d'État à un moment donné. Faire prévaloir l'autorité de l'État et la logique de l'État dans l'élaboration et la conduite de nos relations extérieures demeure plus que nécessaire pour préserver et renforcer la sécurité nationale du Liban.
Sixièmement : parce que le Liban est l'État le plus affecté par les évolutions et les tensions régionales, comme nous l'avons indiqué, en raison de la géographie et de la composition de sa société nationale, nous avons un intérêt national certain, dans le cadre de la protection, de la sauvegarde et du renforcement de la sécurité nationale, à ce que le Liban joue, fût-ce parfois de manière préventive, le rôle de pompier dans la région, si les conditions que j'ai évoquées (les ententes nationales réelles), qui sont plus que nécessaires, sont réunies, et si le besoin s'en fait sentir. Les expériences d'autres États, tel le sultanat d'Oman, nous offrent un modèle à cet égard. Ce rôle renforce la sécurité nationale de l'État et contribue à sauver le Liban du sort de prisonnier du « jeu des nations », même si les joueurs et les intitulés du jeu venaient à changer.
Septièmement : j'ai évoqué au début la diplomatie officielle, et je voudrais conclure en soulignant l'importance de la diplomatie publique aux multiples facettes, économique, culturelle, politique et autres, qui complète et renforce la diplomatie officielle : une diplomatie qui jette des ponts d'entente et de coopération et consolide les ponts existants. La puissance douce dont dispose le Liban, faite d'ouverture, de niveau d'éducation, de libertés, de diversité culturelle et politique, d'expériences et de présence dans le monde par sa diaspora, permet de mener avec succès la diplomatie publique, cette diplomatie qui sert et promeut l'intérêt national dans notre monde contemporain ; une diplomatie qui tantôt prépare la voie à la diplomatie officielle dans des domaines nombreux et nouveaux, et qui agit aussi parallèlement à elle, en amont ou parfois en aval. Dans ce cadre, j'avais mis en avant par le passé, et je le redis aujourd'hui, l'importance de la mise en réseau de la diaspora : bâtir des réseaux géographiques, fonctionnels ou spécialisés qui rassemblent les émigrés de toutes générations, spécialités et positions, et qui agissent comme un « lobby » permanent pour établir des passerelles de communication dans les différents domaines et pour renforcer les ponts existants entre le Liban et les pays auxquels appartient la diaspora, dans l'intérêt du Liban, la mère patrie, et de ces pays.
Cet article s'appuie sur la conférence que j'ai prononcée lors du colloque consacré à la question « Quelle politique étrangère pour le Liban ? », organisé par la Fondation Fouad Chéhab en coopération avec l'Institut des sciences politiques et le Centre Philip Salem d'études politiques de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, le 9 avril 2025.
L'original arabe
فى خضم التطورات والتحديات الإقليمية والداخلية التى يواجهها لبنان وبناء على تجارب ودروس الماضي القريب والبعيد، هنالك عدد من العناصر التى يعتبر توفرها أمرًا أكثر من ضرورى لبلورة سياسة خارجية فاعلة وناشطة ومبادرة للبنان:
أولًا: لا بد من التذكر أن الجغرافيا السياسية لأى دولة تحكم أو توثر بشكل كبير فى أمنه الوطنى، وبالتالى فيما يجب أن تكون عليه أولوياته فى علاقاته وسياسته الخارجية.
ثانيًا: أهمية وجود أو تبلور توافق وطنى فعلى وليس “فولكلوريًا” حول الأولويات الناظمة والحاكمة للسياسة الخارجية، فالانتماءات السياسية والعقائدية، ومنها الهوياتية من نوع ما دون الدولة أو العابرة للدولة لا يجوز أن تحكم أو تتحكم بما يفترض أن يكون بمثابة توافق وطنى واسع حول أمهات القضايا تعبر عنه الدولة: دولة الموسسات على حساب فدرالية الطائفيات السياسية فى لبنان التى تتقاسم السلطة وتتحكم بها فى لعبة “الكراسى الموسيقية”، أو تبادل الأدوار والمواقع، ولو تحت عناوين وشعارات مختلفة: من “هانوى” الثورة لو تغير عنوانها العقائدى عبر الزمن إلى “سويسرا الشرق” التى لا علاقة لها بمحيطها، ولنتذكر أن المطلوب بلورة توافق وطنى واسع وفعلى ليكون فاعلًا فى تعزيز منطق الدولة الذى يعكس ويعزز مفهوم الأمن الوطنى للبنان.
ثالثًا: ذلك كله يسمح ببلورة القواعد والتوافقات العملية (توافق مضامين وليس عناوين)، وكذلك الأولويات والرؤية لسياسة خارجية فاعلة، وللتذكير لا دبلوماسية ناجحة وفاعلة إذا لم تستند إلى رؤية لبنان لعلاقاته الخارجية وأولوياته ولدوره أولا فى الإطار العربى وأيضًا على الصعيدين الإقليمى والدولى، وإلا نكون كمن يتحدث عن عزف موسيقى دون آلات، وبالطبع من أهم معايير السلطة الفعلية للدولة امتلاكها الكلى لقرار الحرب والسلم.
رابعًا: دروس الأمس القريب والبعيد وكذلك التحديات المتزايدة والمتشابكة والمتداخلة بعناصرها ومسبباتها وحلولها فى محيطنا المباشر، والتى توثر بشكل كبير بالأمن الوطنى اللبنانى كلها تستدعى بلورة سياسة خارجية تقوم بالفعل، وليس فقط على مستوى الخطاب على مفهوم الحياد الإيجابى الناشط، وللتذكير فلا علاقة لهذا المفهوم بالحياد القانونى حسب نموذج الحياد السويسرى مثلًا: لبنان دولة عربية ولا أقول عروبية، دولة من الدول المؤسسة لجامعة الدول العربية، وعليه بالطبع الالتزام بالثوابت العربية، وبالأخص فى إطار النزاع العربى الإسرائيلى ولو ضعفت أو اهتزت هذه الثوابت فى لحظة معينة، ولا يعنى ذلك بتاتا أن يتحمل لبنان وحده ونيابة عن الآخرين وزر هذا النزاع. بلورة الثوابت والتوافقات المطلوبة وعودة دور الدولة الفعلى وليس الشكلى يسمح بأن لا يبقى لبنان حجر شطرنج أو صندوق بريد لتبادل الرسائل فى صراعات إقليمية أيا كانت عناوين هذه الصراعات وجاذبيتها أو موقف لبنان منها أو فى إطارها.
خامسًا: من الأمور التى للبنان مصلحة أكيدة فى المشاركة فى بلورتها لتنظم العلاقات عمليا فى الإقليم الشرق أوسطى، وبين دولة تعزيز مفاهيم عدم التدخل فى شئون الآخر، عدم التحدث فوق رءوس الدول باسم مواقف عقائدية أو سياسية أو غيرها، وكذلك الاحترام الفعلى وتعزيز القواعد السياسية المعروفة دوليًا لتسوية الخلافات بين الدول والعمل بموجبها، وذلك ضمن منطق الدولة وليس ضمن منطق أيديولوجى من نوع ما فوق الدولة، المطلوب أن نعمل على بلورة هذه المفاهيم والقواعد لنؤسس لسياسات من هذا النوع تلتزم بها جميع المكونات السياسية فى لبنان والتى هى لمصلحتها جميعا فى نهاية الأمر، وذلك تحت سقف الدولة، رغم استفادة هذا الطرف أو ذاك من ضعف أو غياب مفهوم الدولة فى لحظة معينة، أن تحكيم سلطة الدولة ومنطق الدولة فى صنع وإدارة علاقاتنا الخارجية يبقى أمرًا أكثر من ضرورى لحفظ وتعزيز الأمن الوطنى للبنان.
سادسًا: لأن لبنان هو الدولة الأكثر تأثرا بالتطورات والتوترات الإقليمية كما أشرنا بسبب الجغرافيا والاجتماع الوطنى، فلنا مصلحة وطنية أكيدة فى إطار حماية الأمن الوطنى وصيانته وتعزيزه فى أن يقوم لبنان، ولو أحيانًا بشكل استباقى، إذا ما توفرت الشروط التى أشرت إليها (التوافقات الوطنية الفعلية) والتى هى أكثر من ضرورية، وإذا ما استدعت الحاجة لذلك، بلعب دور الإطفائى فى المنطقة، ولنا فى تجارب دول أخرى، مثل سلطنة عمان نموذجا فى هذا الخصوص، هذا الدور يعزز الأمن الوطنى للدولة ويسهم فى إنقاذ لبنان من أن يبقى أسيرًا “للعبة الأمم” حتى لو تغير اللاعبون وعناوين اللعبة.
سابعًا: أشرت فى البداية إلى الدبلوماسية الرسمية، وأود أن أختم بالتأكيد على أهمية الدبلوماسية العامة المتعددة الأوجه من اقتصادية وثقافية وسياسية وغيرها، والتى تكمل وتعزز الدبلوماسية الرسمية، دبلوماسية تبنى جسور التفاهم والتعاون وتعزز جسورًا قائمة، القوة الناعمة التى يملكها لبنان من انفتاح ومستوى تعليم وحريات وتنوع ثقافى وسياسى وتجارب وانتشار، تسمح بالقيام بشكل ناجح بالدبلوماسية العامة، الدبلوماسية التى تخدم وتعزز المصلحة الوطنية فى عالمنا المعاصر، دبلوماسية تهيئ الطريق حينًا للدبلوماسية الرسمية فى مجالات عديدة وجديدة، كما تعمل بشكل موازٍ لها أو استباقى أو لاحق أحيانًا، فى هذا الإطار كنت قد طرحت فى الماضى، وأكرر اليوم على أهمية التشبيك فى الاغتراب: بناء شبكات جغرافية أو وظيفية أو تخصصية تجمع المغتربين بمختلف أجيالهم واختصاصاتهم ومواقعهم وتعمل ك“لوبى” مستمر فى إقامة جسور تواصل فى مختلف المجالات وفى تعزيز جسور قائمة بين لبنان والدول الذى ينتمى إليها الاغتراب لما فيه مصلحة للبنان الوطن الأم ولتلك الدول.
المقالة تستند إلى المحاضرة التى ألقيتها فى المؤتمر حول أى سياسة خارجية للبنان، الذى نظمته مؤسسة فواد شهاب بالتعاون مع معهد العلوم السياسية ومركز فيليب سالم للدراسات السياسية فى جامعة القديس يوسف فى بيروت، فى ٩ أبريل ٢٠٢٥.