Al-Shorouk · 10 août 2026
Les négociations libano-israéliennes : jusqu'où ?
المفاوضات اللبنانية الإسرائيلية.. إلى أين؟
Traduction française de la rédaction du site ; elle n'a pas été revue par l'auteur. L'original arabe, ci-dessous, fait foi.
Après le septième cycle des négociations libano-israéliennes à Rome, sous le parrainage des États-Unis d'Amérique, et avant l'annonce de la date du huitième cycle, dont on dit qu'il pourrait se tenir au début du mois prochain, ce qui témoigne de l'ampleur des défis ou des obstacles réels qu'Israël pose sur la table des négociations, on peut formuler les observations suivantes. Israël poursuit sur le terrain sa politique de « négociation par le feu », qui vise à créer une réalité nouvelle afin d'imposer ses conditions et ses priorités à la « négociation autour de la table ». En témoigne l'escalade militaire israélienne, dans la géographie (elle a atteint la Bekaa-Ouest) comme dans la puissance et l'intensité du feu. Une escalade qui n'a pas cessé, mais qui accompagne désormais les négociations. Cela ne signifie évidemment pas qu'Israël soit en mesure, en fin de compte, d'imposer ses priorités et son approche du processus de négociation, mais il menace ce processus de manière considérable et dangereuse.
Il faut rappeler que la négociation n'est pas une fin en soi, mais un moyen diplomatique et réaliste, quand bien même nombre de défis et de difficultés se dressent sur sa route, pour faire cesser l'agression, libérer intégralement le territoire national et mettre fin à la guerre.
La stratégie de négociation israélienne repose sur une politique consistant à raser les terres au bulldozer, à incendier les bois et les terres agricoles et à détruire méthodiquement des villages et des zones d'habitation, de sorte qu'il devienne difficile que la vie y revienne si les opérations militaires israéliennes venaient à cesser demain ; et ce demain, c'est Israël qui le fixe selon cette politique. Il convient de noter qu'Israël s'emploie à consolider ce que l'on appelle la ceinture de sécurité, ou la zone sécurisée, en territoire libanais, sous son contrôle total et dans un cadre temporel ouvert qu'il décide seul, comme le rappellent chaque jour ses responsables.
Il semble que la stratégie de négociation israélienne à la « table diplomatique » vise à jouer la montre, dans une logique de négociation pour la négociation. Israël se montre disposé à aborder certains intitulés tout en se tenant à distance du contenu de sujets plus que fondamentaux dans les négociations, comme la frontière (le Liban insiste sur la confirmation, et non la démarcation, de la frontière, comme nous le rappelons toujours, puisque notre frontière méridionale est internationalement reconnue : c'est la frontière libano-palestinienne tracée en 1923).
La logique de la négociation pour la négociation autour de la table, qui représente l'approche réelle d'Israël à l'égard des négociations, constitue un trait structurant du négociateur israélien. Elle est aggravée par l'escalade politique qui accompagne l'escalade sur le terrain à mesure qu'approche la date des élections législatives, fin octobre prochain. Netanyahou, ses alliés et ses adversaires mènent tous leurs guerres politiques électorales sur trois « théâtres » : Gaza, la Cisjordanie et le Liban-Sud. Dans ce contexte, il faut rappeler que le président Joseph Aoun, dans son allocution au dîner de l'ambassade du Liban à Washington le 22 juillet, a présenté une approche de la « question des armes » fondée sur le réalisme, la progressivité et la globalité, prenant en considération des expériences comparables au cas libanais (l'Armée républicaine irlandaise et les Forces armées révolutionnaires de Colombie) : une approche qui tient lieu de feuille de route pour la mise en œuvre de la décision relative à l'exclusivité des armes aux mains de l'État libanais, ainsi que, bien entendu, de la décision de guerre et de paix. Il a indiqué que cette approche ne rend pas l'objectif moins urgent, mais rend la méthode plus importante. Une méthode qui aide puissamment l'État à retrouver son rôle naturel et entier dans tout ce qui touche aux questions de sécurité nationale, et sur l'ensemble du territoire libanais.
Ce qu'il faut aujourd'hui pour sauver les négociations du ralentissement, de l'enlisement ou du risque d'échec, selon la manière dont chaque partie les qualifie en fonction de sa position ou de sa vision, réside dans un soutien effectif, sous toutes ses formes, de la part des acteurs internationaux et régionaux influents, au premier rang desquels, sans aucun doute et tout particulièrement, la partie américaine, qui est le parrain et l'architecte des négociations. Ce soutien passe par une impulsion réelle en vue de satisfaire les demandes libanaises plus que fondamentales pour un processus de négociation actif et efficace, à savoir : la consolidation du cessez-le-feu, et non la négociation sous le feu israélien ; l'arrêt des opérations de destruction et de rasage méthodiques qui visent à changer du tout au tout la situation dans le Sud au lendemain de la fin de la guerre israélienne, quand elle prendra fin ; ainsi que l'établissement d'un calendrier clair pour le retrait et pour le déploiement de l'armée libanaise et son contrôle total sur la zone qui s'étend du sud du Litani à la frontière internationale du Liban, avec la confirmation de cette frontière, comme nous l'avons indiqué, et la réactivation de la convention d'armistice, en la développant si nécessaire.
La stabilité du Liban, par la fin de l'occupation israélienne sur le « front sud » et l'extension du contrôle total de l'État libanais sur son territoire, est plus que nécessaire pour lancer le processus du « retour à l'État » : condition plus que nécessaire d'un développement national global, aux dimensions multiples et interdépendantes. Elle est également nécessaire pour contribuer à la stabilité d'une région du Moyen-Orient qui vit des convulsions, des conflits et des guerres, sous des formes et des intitulés multiples, qui influent les uns sur les autres sous des formes et à des degrés divers.
L'original arabe
بعد الجولة السابعة من المفاوضات اللبنانية الإسرائيلية فى روما برعاية الولايات المتحدة الأمريكية، وقبل الإعلان عن موعد الجولة الثامنة التى يقال إنها قد تعقد فى مطلع الشهر القادم، الأمر الذى يدل على حجم التحديات أو العوائق الفعلية التى تضعها إسرائيل على طاولة المفاوضات، يمكن إدراج الملاحظات التالية: استمرار إسرائيل فى سياسة “التفاوض بالنار” على الأرض الهادف إلى خلق واقع جديد، بغية فرض شروطها وأولوياتها على “التفاوض حول الطاولة”. يشهد على ذلك التصعيد العسكرى الإسرائيلى فى الجغرافيا (وصل إلى البقاع الغربى) وفى القوة والكثافة النارية. تصعيد لم يتوقف بل صار مواكبا للمفاوضات،لا يعنى ذلك بالطبع أن إسرائيل قادرة فى نهاية المطاف أن تفرض أولوياتها ومقاربتها للمسار التفاوضى ولكنها تهدد هذا المسار بشكل كبير وخطير.
ولا بد من التذكير أن التفاوض ليس غاية فى حد ذاته بل وسيلة دبلوماسية وواقعية، ولو دونها الكثير من التحديات والصعاب، لوقف العدوان وتحرير الأرض الوطنية بشكل كامل وإنهاء الحرب.
استراتيجية التفاوض الإسرائيلية تقوم على سياسة تجريف الأرض وإشعال النار فى الأحراج والأراضى الزراعيةً والتدمير الممنهج لقرى ومناطق سكنية بحيث يصبح من الصعب عودة الحياة إليها فيما لو توقفت الأعمال العسكرية الإسرائيلية غدا، والغد تحدده إسرائيل حسب هذه السياسة. والجدير بالذكر أن إسرائيل تعمل على تعزيز ما يسمى بالحزام الأمنى أو المنطقة الأمنة فى الأراضى اللبنانية تحت سيطرتها الكلية وضمن إطار زمنى مفتوح تقرره وحدها كما يذكر مسئولوها كل يوم.
ويبدو أن استراتيجية التفاوض الإسرائيلية على “الطاولة الدبلوماسية” تهدف إلى تقطيع الوقت ضمن منطق التفاوض للتفاوض. إسرائيل تبدى الاستعداد لتناول بعض العناوين والبقاء بعيدا عن المضامين لمواضيع أكثر من أساسية فى المفاوضات مثل الحدود (التأكيد اللبنانى على تثبيت وليس ترسيم الحدود كما نذكر دائما إذ إن حدودنا الجنوبية معترف بها دوليا وهى الحدود اللبنانية الفلسطينية التى رسمت فى العام ١٩٢٣).
إن منطق التفاوض للتفاوض حول الطاولة الذى يمثل مقاربة إسرائيل الفعلية للمفاوضات يشكل سمة ناظمة للمفاوض الإسرائيلى. يزيد من حدة ذلك التصعيد السياسى الذى يواكب التصعيد على الأرض كلما اقترب موعد الانتخابات النيابية فى نهاية أكتوبر القادم. نتنياهو وحلفاؤه وخصومه يخوضون كلهم حروبهم السياسية الانتخابية فى “مسارح” ثلاث هى غزة والضفة الغربية وجنوب لبنان. وفى هذا السياق لا بد من التذكير بأن الرئيس جوزيف عون، فى كلمته فى عشاء السفارة اللبنانية فى واشنطن فى ٢٢ يوليو، قدم مقاربة “لمسألة السلاح” تقوم على الواقعية والتدريجية والشمولية، آخذا بعين الاعتبار تجارب مشابهة للحالة اللبنانية (الجيش الجمهورى الأيرلندى والقوات المسلحة الثورية فى كولومبيا): مقاربة هى بمثابة خريطة طريق لتنفيذ قرار حصرية السلاح فى يد الدولة اللبنانية وكذلك بالطبع قرار الحرب والسلم. وقد ذكر بأن تلك المقاربة لا تجعل الهدف أقل إلحاحا بل تجعل الأسلوب أكثر أهمية. الأسلوب الذى يساعد بقوة على عودة الدولة إلى دورها الطبيعى والكلى فى كل ما يتعلق بقضايا الأمن الوطنى وعلى كافة التراب اللبنانى.
إن المطلوب اليوم لإنقاذ المفاوضات من التباطؤ أو التعثر أو احتمال الفشل كما يصفها كل طرف حسب موقعه أو رويته يكمن فى توفير الدعم الفعلى بجميع أشكاله من الأطراف الدولية والإقليمية المؤثرة وفى طليعتها دون شك وبشكل خاص الطرف الأمريكى الذى هو راعى ومهندس المفاوضات. هذا الدعم يكون من خلال الدفع الفعلى لتحقيق المطالب اللبنانية الأكثر من أساسية لمسار تفاوضى فاعل وفعال، وهى تثبيت وقف إطلاق النار وليس التفاوض تحت النيران الإسرائيلية ووقف عمليات التدمير والتجريف الممنهج التى تهدف إلى تغيير الوضع كليا فى الجنوب، غداة انتهاء الحرب الإسرائيلية متى انتهت، وكذلك وضع جدول زمنى واضح للانسحاب وانتشار وسيطرة الجيش اللبنانى كليا على المنطقة الممتدة من جنوب الليطانى، إلى الحدود الدولية للبنان مع تثبيت هذه الحدود كما أشرنا وتفعيل اتفاقية الهدنة مع تطويرها إذا اقتضى الأمر.
إن استقرار لبنان عبر إنهاء الاحتلال الإسرائيلى فى “الجبهة الجنوبية” وبسط سيطرة الدولة اللبنانية كليا على أراضيها أمر أكثر من ضرورى لإطلاق مسار “العودة إلى الدولة”: الشرط الأكثر من ضرورى للإنماء الوطنى الشامل المتعدد والمترابط الأبعاد، وكذلك أمر ضرورى للإسهام فى استقرار إقليم شرق أوسطى يعيش تمخضات ونزاعات وحروب بأشكال وعناوين متعددة تؤثر بعضها بالبعض الآخر بأشكال ودرجات مختلفة.